Développement

Lors de l’ouverture d’une conférence internationale sur l’émergence économique en Afrique réunissant les chefs d’État africains et asiatiques à Abidjan
le 28 mars dernier, Alpha Condé, Président en
exercice de l’Union africaine (UA), n’a pas mis
les gants pour convoquer une « transformation
structurelle des économies africaines» Selon lui, l’Afrique a besoin
d’être « plus innovante, plus productive et plus compétitive pour réussir son émergence économique. Des délégations venues d’Afrique (Tchad, Togo, Sénégal, Gabon, Afrique
du Sud, Tanzanie), d’Asie (Chine, Indonésie,
Malaisie, Vietnam) et d’Amérique du Sud
(Brésil, Chili, Colombie) ont participé à cette
conférence organisée par la Côte d’Ivoire, la Banque mondiale et le Programme des Nations
unies pour le développement.. Même si le Président de la Guinée de Sékou Touré reconnait que l’Afrique a amélioré ses résultats économiques et sociaux entre 2000 et 2015 en enregistrant une croissance réelle de son produit intérieur brut global de plus de 5% par an, cette performance est très en deçà de celle des pays émergents d’Asie. Car elle ne s’est pas encore traduite par une transformation structurelle des économies africaines qui presque dans leur totalité restent des producteurs exportateurs de matières premières et de produits de base qui ne contiennent qu’une faible part de la valeur ajoutée des chaînes de
valeur dans le monde. Prenant le cas de l’Afrique de l’ouest, le président Alpha condé a affirmé que La Cedeao a beaucoup avancé dans l’intégration économique mais zéro sur l’intégration politique. Nous sommes en retard par rapport à la Sadec et l’Afrique de l’est au point de vue de l’intégration politique parce que nous sommes encore un peu trop attachés à l’ancienne puissance coloniale. Il faut couper le cordon ombilical avec la France et soyons africains. Dans son discours, il a clairement exprimé son désamour de la politique française en Afrique avant de faire une invite aux africains et surtout à l’élite à clamer désormais leur souveraineté. Le président guinéen a également fustigé la relation qu’entretiennent l’Union européenne et l’Union africaine, invitant les Africains à se faire « davantage confiance ». L’impertinence de cette posture lui a valu le rappel à l’ordre de son collègue ivoirien Allassane Ouattara : « J’ai oublié de dire à Alpha que nous sommes en direct». En leader engagé, Le Président de l’union Africaine a répondu à l’ivoirien: « Allassane, moi j’assume ce que je dis».